Natexpo, les professionels du bio (2)

Publié le par Hooly

  Natexpo, dans la jungle du bio...
(deuxième partie: l'alimentaire)

Rappel: A la suite de mon article sur Soy et les dérives du bio, la question était de savoir comment trouver des marques bio auxquelles on avait envie d'acheter. L'idée de listes noires et blanches comme on peut les trouver ici est un bon départ mais pour continuer à les remplir, une seule solution: aller sur le terrain...
Super Hooly a donc enfilé son justaucorps et son masque camouflage  et est allée se ballader à Natexpo, le salon professionnel du bio, une drôle de jungle... Merci à Cerise qui a assuré la couverture en me permettant d'accéder à un salon réservé aux pros: à Natexpo, Hooly était une jeune entrepreneuse à la recherche de marques "propres" pour ouvrir un magasin pour végétariens et végétaliens sur Paris...  Saga en trois épisodes ...

L'épisode I: les cosmétiques


Préambule

L'alimentaire bio est une jungle pour moi! Autant je connais un peu les marques de cosmétiques, autant je tremble toujours au rayon frais en prenant mon paquet de tofu fumé: ma main qui ignore royalement les produits Soy ne se compromet-elle pas en achetant du Taifun? Et les raviolis de Danival sont-ils moins méchants que ceux du Bonheur est dans le pot? Même si j'achète peu de produits transformés, j'ai toujours quelques trucs en réserve dans mes placards pour les soirs de flemme ou de frigo vide. Natexpo, c'était l'occasion de voir quelle genre de marmotte met mon chocolat équitable dans son papier recyclé....

Les marques alimentaires

Emile Noël (leur site)

Produits: huiles, assaisonnement, un peu d'épicerie...

Mon indic m'avait mis la puce à l'oreille: il se passe de drôles de choses chez Emile Noël. En effet, sur la liste des exposants de l'invitation à Natexpo, honteusement gonflée par des procédés assez puérils, Emile Noël apparaissait plusieurs fois associé, entre autres, à Oléanat. Il s'avère finalement que c'est une affaire de famille. Emile Noël, c'est le papet et Oléanat, c'est l'Hugolin du Papet, donc son petit-fils qui gère le truc. Le papet est aujourd'hui à la retaite mais continue à surveiller tout ça. Emile Noël étant étiqueté "Maître Mouliner", j'interroge mon interlocuteur sur les conserves du présentoir en fond de stand. En fait, il s'agit des produits d'une conserverie voisine qu'Emile Noël avait aidé en investissant. Il a depuis vendu ses parts mais une partie des produits de cette conserverie est toujours commercialisée sous son nom . Je repars avec un  tout petit livret, extrêmement bien fait avec une comparaison des procédés (industriels versus artisanaux), des considérations diététiques, une description des huiles avec leurs compositions. Très intéressant...

Jean Hervé (leur site)

Produits: pâtes à tartiner (les meilleures que j'ai jamais goûtées), purées de fruits secs, confits de fruits secs, lait d'amande, fruits secs, produits sucrants (canne, miel, agave...), etc.

Quand j'étais petite et vénale, je me disais que ce serait bien d'épouser plus tard le fils de M. Nestlé. Aujourd'hui, je veux bien être adoptée par Jean Hervé... Jean Hervé, c'est typiquement une marque "propre", qui figure d'ailleurs dans la courte liste des "marques bio que lesensdenosvies.org aime". Les produits sont délicieux, ils sont utiles (ce ne sont pas uniquement des gourmandises, ils permettent de remplacer le beurre et le lait dans beaucoup de recettes), les propriétaire sont sympathiques et on peut saluer leur réel engagement auprès de School qui aides des communautés de Madagascar. Les dernières nouvelles du stand: il y a quelques problèmes avec le site mais on peut commander en ligne. Il y a des nouveautés comme les pâtes d'amande ou le cacao non-dégraissé. Je ferai prochainement un article plus spécifique sur leurs produits et leurs utilisations en cuisine végétalienne...

Tossolia et Céréalpes (pas de site)

Produits: galettes de céréales (Céréalpes), tofu et spécialités au tofu (Tossolia)...

Je tremblais un peu en allant voir ces deux amis, rassemblés sur le même stand. Car quand je ne prend pas Soy, je prends souvent l'un ou l'autre. Un bel accent bougon qui se moque gentiment de moi: "mais bien sûr qu'on est indépendant, on est deux entreprises voisins alors on est copains". Tossolia a été créé à partir de Tofoulie, une société coopérative ouvrière de production de la Drôme et Céréalpes est le leader bio des escalopes végétales depuis une dizaine d'années. Pas de commerciaux cravatés ou de polo vert ici, c'est chemise, pull et grand sourire, on n'essaie pas de vous convaincre, mais on est heureux de vous renseigner si vous avez des questions...

Le Sojami (leur site)

Produits: pâtes à tartiner, algues, tofu, entremets, glaces)...

Végétaliens, le sojami est ton ami! Parce qu'il propose des fromages, des glaces et de la mayo sans produits laitiers, le sojami propose d'excellentes alternatives aux végétaliens ou aux intolérants au lait. Même si mes copines végétaliennes se pâment devant les fromages à tartiner, je reste réservée sur le sujet mais pour le reste, c'est très bon. Le plus, le procédé de lacto-fermentation mis au point par le responsable donne aux différents produits des qualités nutritionelles et organoleptiques très intéressantes dans le cadre d'un régime végétalien. Stand très sympa, où tout le monde est invité à goûter dans les plats et à faire pression au niveau des revendeurs ou des grossistes, parfois peu sensibles à la réelle demande...

Soy (leur site)

Produits: tofu et seitan transformés, lait de soja, ...

Aguerrie après quelques stands cosmétiques, je décide d'aller dans l'antre de la bêêêêête. La bête en l'occurrence est toute blonde et toute jeunette, perdue dans un stand immense: à droite on grille des saucisses végétariennes, à gauche, des distributeurs font goûter les nouveaux laits de soja arômatisés. Tout le monde en uniforme porte le polo vert, donc mon interlocutrice est en polo vert. Elle se trouble et rougit à l'évocation de Novartis: "Mais vous savez, Novartis, on ne le voit pas: tout est séparé, on a rien à voir avec eux.", un autre vendeur vient à la rescousse, "si vous voulez parler éthique, je peux vous assurer que Soy traite bien ses employés, je gagne plus que la plupart de mes confrères". Je continue à deviser avec la demoiselle qui m'avoue qu'effectivement, acheter Soy quand on sait que Novartis pratique l'expérimentation animale, c'est assez contradictoire pour un végétarien militant.
Elle me propose d'aller continuer la discussion autour de la fontaine de dégustation et avec le commercial parisien avec lequel je serai amené à travailler pour mon magasin. Dégustation intéressante, un excellent lait de soja thé vert/épices qui pourrait me réconcilier avec les laits de soja arômatisés que je n'achète jamais. Des exclusivités 2006, on sent que Soy aimerait bien faire sa place dans la grande distribution et convaincre les omnivores méfiants de la qualité de la viande...
Je discute pas mal avec le représentant parisien, très sympa. On repart sur la question Novartis. Soy n'assume pas du tout, "Il y a 5 ans, ça nous a vraiment fait du tort, maintenant, c'est passé, c'est de l'histoire ancienne, mais il y a encore de gens qui se souviennent." J'apprends donc que sur la région parisienne, deux biocoop refusent les produits Soy (Nogent et ?). Il me confirme que les bruits de séparation entre Soy et Novartis sont fondés. Soy restera Nutrition et Soja, mais devrait quitter le berceau Novartis. Il essaye de redorer l'éthique Soy en me montrant l'un des deux fondateurs, présents sur le stand (en polo vert aussi). Soy a permis de développer une vraie filière de soja bio et français (ce qui est vrai!) avec des contrôles rigoureux, bla bla bla...

Le Bonheur est dans le pot (pas de site)

Le bonheur est dans le pot et sur leur stand. Les époux Marie, propriétaires de la société sont en train de déjeuner et je suis accueillie chaleureusement par Véronique qui se fait un plaisir de me renseigner d'un accent chantant. Je lui dis que je suis à la recherche d'informations sur sa société et elle sourit: facile, ils sont 6. Les Marie qui ont fondé l'entreprise et 4 employés, dont Cathy et Wissen en cuisine. Elle me raconte comment les cuisiniers imaginent, testent et retestent avant de lancer une recette. Elle m'interroge beaucoup sur mon projet et est très intéressée par la partie cosmétiques, et surtout par le maquillage. Elle conforte mon avis sur Couleur Caramel (avis à venir dans l'épisode 3) et regrette que les maquillages naturels soient vraiment de qualité inférieur à celle des maquillages kkbeurk. J'avais déjà été séduite par le goût de leur ratatouille et surtout par le procédé de fabrication qui consiste à cuire la préparation dans le pot, sans ajouter arôme, épaississant ou autre, je suis conquise!

Danival (pas de site)

Produits: céréales et légumes cuisinés, raviolis, sauces, sel, miso, compotes sans sucre, salades toutes prêtes, purées de fruits, confitures, desserts végétaux, sirops...

On pourrait prendre Danival pour la cafétaria de Natexpo, derrière le bar, les commerciaux servent de la soupe, des yaourts, des céréales...tandis que des confrères discutent avec les clients sur la terrasse aménagée autour du bar. Je fais comme tout le monde... je m'installe au bar. Accueil sympathique, on répond volontiers à mes questions. Non, Danival n'est pas indépendant, il appartient au même groupe que Super Diet, marque de compléments alimentaires, mais personne au dessus de ces sociétés. Chez Danival, on travaille principalement avec des produits bio locaux (état de fait davantage motivé par un intérêt économique que par un souci éthique ou écologique), les produits importés sont rares.
Comme je déguste en posant mes qustion, je trouve un truc intéressant pour les végétariens allergiques au soja (coucou Budy ;-)), une gamme de crèmes sans soja pas mauvaise, j'ai goûté ceux à la noisette. Je fronce un peu le nez devant la nouvelle gamme de céréales déjà cuites dans des emballages individuels, pas très écologique. Ca sent la dérive marketing: on trouve des salades individuelles toutes prêtes, des céréales à réchauffer... Des vrais produits de supermarché, plein d'emballage, avec le logo AB en bonus... Et puis, entre deux cuillères de noisette, je pose la question qui fâche: "C'est vous qui faites tout, le tofu? Le seitan?". Là, petit malaise, on me murmure honteusement que non, ça, c'est acheté....à Soy!
A leur crédit, il y a apparement un vrai souci de suivre et encourager les producteurs à qui ils achètent à l'avance leur production, argument qui fait penser à ceux dans lesquels Soy se drape: on fait la promotion du soja bio français!

Vigean (leur site)

Produits: des huiles surtout alimentaires, quelques huiles cosmétiques, vinaigres, moutardes, noix...

Tour rapide chez Vigean qui me certifie qu'ils sont bien une entreprise indépendante. On me donne le catalogue et on m'invite à les recontacter si j'ai des questions. Je connais bien leurs huiles pour avoir fait de grosses réserves il y a deux ans à Marjolaine. La qualité est au rendez-vous et j'utilise le sésame et la carthame en cuisine comme en massage. J'ai été étonnée par l'excellente conservation de l'huile de carthame... A posteriori, je me suis aperçue que j'avais oublié de leur demander des renseignements sur leur beurre de palme (qui me sert surtout à faire le paté végétal, mais qu'il m'arrive d'utiliser pour les gateaux) pour savoir si c'était du palmiste ou du palme, distinction importante pour l'apprentie-savonnière. Je leur demanderai à Marjolaine...


Biosud et le Jardin Biologique (leur site)

Produits: soupes, conserves de légumes, sauces, ..

Pour ceux qui ont suivi la première partie, j'ai trouvé ces deux marques sur le site de Léa Nature, le groupe de Natessence. En fait, je me suis fait attrapée par leur présentoir de bonbons Entouka (encore une autre marque, légendée "le bio des enfants", mais toujours pour le même groupe). Ils proposent les seuls ours gélifiés végétaliens que je connaissent et leurs produits sont extrêment dangereux: rien à voir avec les ours gélifiés tout secs que je trouvais en Allemagne...Leurs bionours au réglisse et leurs animaux bio aux arômes de fruits sont délicieux. Je suis arrivée sur leur stand avec l'innocence de la jeune végé naïve attirée par les bonbons, une fois sur place, je me suis aperçue que c'était pire que l'antre de Soy! En fait, Biosud est vendu en magasin bio et le Jardin Biologique est vendu en distribution traditionnelle. Au début, on m'a assuré que les produits et les lieux de production étaient différents mais un second commercial m'a avoué que beaucoup de recettes étaient communes. J'ai donc des doutes sur la réelle différence entre les deux marques, si ce n'est que Biosud doit être vendu avec la marge de bénéfice supérieure que permet la vente en magasin bio... Quand en plus sur leur site, on s'aperçoit qu'il existe une autre marque "le Jardin Biologique Equitable", on se dit qu'ils sont vraiment prêts à exploiter tous les filons! S'ils pouvaient vendre plus cher du bio équitable certifié emballé par des naturistes, on sent qu'ils seraient prêts à le faire!

Nutrisaveurs (leur site)

Produits: produits minceur

Rien à acheter chez Nutrisaveurs mais discussion passionante. Nutrisaveurs, c'est un peu, comment utiliser les tigres de la jungle pour faire avancer la cause!  Je ne sais pas trop pourquoi  je me suis arrêtée chez eux... Peut-être que parce que mon idée de magasin était tellement avancée que je me disais que les végétaliens aussi avaient le droit à des sachets minceur hyperprotéinés...
En tout cas, je commence à discuter avec le vendeur pour savoir ce qui est végétarien ou végétalien dans ses produits, s'ensuit une discussion où j'essaie de le convaincre que même si ça a "juste" cuit dans du bouillon de poulet, ce n'est pas végétarien. Un collègue arrive pour confirmer mes dires et surtout pour me dire qu'il n'y a que du blanc d'oeuf dans le bouillon et non pas du poulet. On commence à parler végétarisme, il m'explique qu'ils sont arrivés par hasard sur le marché végétarien. Au départ intéressés par les propriétés du soja dans le cadre des régimes amincissants, ils en sont venus à proposer des repas végétariens aux collectivités. Il m'explique ainsi qu'ils fournissent le Parc Disneylant, gros demandeur de plats végétariens. Avec une forte population étrangère, les restaurants ont une demande de 10% de repas végétariens. Il me dit aussi que les sociétés autoroutières sont intéressés, toujours pour les mêmes raisons: beaucoup d'étranger donc demande végétarienne supérieur à la moyenne française... Vive l'Europe! J'en profite pour discuter avec lui de l'universalité du repas végétarien qui présente l'énorme avantage de convenir à un omnivore qu'il soit musulman, juif, ... et qui permet aussi à des omnivores méfiant de la qualité de la viande en collectivité de trouver satisfaction. Il y a des petits dollars dans ses yeux quand il en parle, mais il me dit qu'il serait prêt à démarcher les restaurateurs et collectivités aux cotés des associations végétariennes. Au final, on n'a pas du tout parlé régime. Si vous allez sur leur site, vous pouvez même avoir l'honneur d'être le premier participant de leur forum...

En guise de conclusion

Difficile de croire que derrière les deux pots de raviolis au tofu dans un Biocoop, on peut trouver des marques aussi différentes que le Bonheur est dans le Pot et Danival. Difficiel de croire que derrière deux steacks végétariens, on peut trouver des choses aussi différente que Soy ou Céréalpes. Cependant, les choses ne sont pas aussi claires, Soy a permis le développement du soja bio dans le Sud Ouest et n'importe pas, comme d'autres, du soja de l'étranger. Des repas tout prêts bio et végétariens, même si cela est contraire à mes idées du bio, ne permettent-ils pas une démocratisation? Et je n'ai pas demandé au Bonheur est dans la pot d'où vient le tofu.  Finalement, je repars avec encore plus de questions, perdue dans tous les critères et les enjeux qu'il faudrait vérifier pour clairement identifier des comportements bio et responsables... J'ai vu très peu des exposants présents à Natexpo, je n'ai pas rencontré les grands comme Celnat, je n'ai pas vu les tentacules de Wessanen, le groupe qui détient en autres tartex, bjorg, bonneterre...Je repars avec cette impression déprimante d'avoir seulement aperçu la lisière de la jungle, que la seule solution reste vraiment dans l'achat à de petits producteurs locaux que l'on connait et avec qui on peut discuter. A l'image des jeunes loups du stand Ecocert, le téléphone vissé à l'oreille et la machoire serrée, ce sentiment amer que le bio en se labellisant permet au loup de se travestir en gentil chaperon avec la bénédiction des institutions...

Liens
Le site officiel de Natexpo
La première partie de cet article
: les cosmétiques

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cerise 26/10/2005 21:38

encore bravooo Hooly, la prochaine fois on ira en délégation ;-))
Venezia, je connais kaoka et j'avais été déçue il y a 2 ou 3 ans de trouver chez casino bio un chocolat très peu cher qui ressemblait étrangement à celui qu'on trouve en "mag bio" sous la marque kaoka, avec un taux de cacao supérieur. après j'ai fait le lien avec cémoi.
j'ai voulu récemment savoir s'ils vendaient du beurrre de cacao bio, on pourrait en avoir, mais...au moins par 25 kg !!
sinon, pareil que toi, accueil sympa, on m'a dit que cémoi ne les dérangeait pas et que les chocolats réservés au circuit bio étaient de qualité bien supérieure à ceux de casino, ce qui est relatif quand on aime les chocolats forts en cacao, ce qui est le cas de celui de kaoka/casino et que j'avais trouvé d'un bon rapport qualité prix.

Sad Angel 25/10/2005 12:00

Merci Hooly pour cet article très intéressant que j'ai lu avec intérêt ce matin. J'ai hate de lire la suite de tes pérégrinations au salon Natexpo!

Liaambrosia 25/10/2005 09:12

Merci pour cet article très intéressant.
C'est fou comme les niches de marché peuvent être colonisés par des personnes cupides ou qui, pionners à l'origine, se retrouvent avec "des dollars dans les yeux".
Hooly: j'imagine qu'il y a une certaine exhaltation à se développer, croître, faire "marcher" son entreprise et qu'il faut être très philososphe pour se contenter de peu et ne pas avoir envie d'être toujours plus gros....

ApollineR 25/10/2005 01:05

Merci pour les infos.
a+
ApollineR
PS : j'aime bien ta bannière psychédélique
Hooly: :-) Moi aussi, je crois que celle-ci je la garde, je vais juste la réduire un peu. Après, je vais travailler le corps du blog pour harmoniser en fonction de la bannière.

venezia 24/10/2005 21:29

merci Hooly pour ton enquête commentée. Juste une interrogation de ma part. Tu as l'air de sous-entendre que parce qu'une firme est grande, elle est automatiquement vénale ou vendue. Je ne serai pas si affirmative, ou en tout cas pas sans preuve à l'appui.
Je suis allée ce week-end au salon du chocolat (pour poursuivre mon enquête sur le beurre de cacao… je n'en n'ai pas trouvé, mais maintenant, je sais à peu près pourquoi, j'expliquerai ça un jour), et j'ai très longuement discuté avec le passionant directeur de kaoka, producteur de cacao bio. Je crois vraiment que leur engagmeent est au dessus de tout soupçon et qu'ils font du très bon boulot sur le terrain. Néanmoins, comme ils ont dû grandir, -ne serait-ce que pour trouver des débouchés aux nouveaux petits planteurs de cacaoyers qui viennent frapper à leur porte- ils sont devenus une filiale de Cémoi, -qui leur fiche une paix royale, m' a assuré le directeur-. Je ne leur jeterai pas la pierre pour autant…

V.

Hooly: Actuellement, je suis plus dans l'interrogation que dans l'affirmation. Je ne pense pas que la taille de la firme permette de déduire que l'entreprise est "propre" ou non, mais j'ai eu l'impression en discutant avec les gens que le petit producteur est plus concerné par la qualité de ses produits, les appréciations des clients, l'éthique qu'il suit et que le gros producteur est plus intéressé par les questions de débouchés, d'exploitation de zones géographique, d'implantation en magasin, etc...comme s'il y avait deux métiers différents.
Cependant, il est évident que plus une entreprise est importante et plus elle a les moyens de faire bouger les choses (cf la culture du soja bio en France pour Soy, les débouchés pour les planteurs de cacoyers pour Kaoka, ...), c'est en se développant qu'elle va pouvoir trouver son indépendance (achat de matières premières/grossistes...).
Après, je m'interroge toujours sur les conséquences d'un rachat par un grand groupe ou l'intégration dans des filiales. Pour faire vite, je dirais bien qu'il y a dans ces transactions un certain nombre de métiers (marketing, publicité...)  qui font que l'objectif est de vendre et non de vendre BIEN.